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Contrat de mission intérim : Mentions obligatoires

Cadre légal & conformité

Contrat de mission en intérim : ce qu'il doit obligatoirement contenir

Le contrat de mission est le document qui lie une entreprise de travail temporaire (ETT) à son salarié intérimaire. Son contenu est strictement encadré par le Code du travail : l'oubli d'une seule mention obligatoire peut suffire à faire requalifier le contrat en CDI. Good Intérim détaille, articles de loi à l'appui, les 7 mentions imposées par l'article L. 1251-16, le délai de transmission au salarié, et les risques encourus en cas de non-conformité.

Sommaire

Deux contrats, pas un seul : ne pas confondre CMD et contrat de mission

Une mission d'intérim repose toujours sur deux documents distincts, qui doivent être cohérents entre eux :

  • Le contrat de mise à disposition (CMD), signé entre l'agence d'intérim (ETT) et l'entreprise cliente (EU), régi par l'article L. 1251-43 du Code du travail.
  • Le contrat de mission, signé entre l'agence d'intérim et le salarié, régi par les articles L. 1251-16 et L. 1251-17 du Code du travail.

C'est ce second document, le contrat de mission, qui concerne directement l'intérimaire et dont le contenu doit respecter un formalisme précis.

Les 7 mentions obligatoires du contrat de mission (article L. 1251-16)

L'article L. 1251-16 du Code du travail impose que le contrat de mission soit établi par écrit et comporte notamment les sept mentions suivantes.

1
Reproduction des clauses du contrat de mise à disposition

Les mentions du CMD (article L. 1251-43) doivent être reprises à l'identique dans le contrat de mission : motif du recours, terme de la mission, caractéristiques du poste, rémunération de référence.

2
La qualification professionnelle du salarié

Le poste et le niveau de qualification occupés par l'intérimaire pendant la mission doivent être précisés clairement.

3
Les modalités de rémunération, y compris l'IFM

Le salaire et l'ensemble de ses composantes doivent figurer au contrat, ainsi que les modalités de l'indemnité de fin de mission prévue à l'article L. 1251-32.

4
La durée de la période d'essai, si elle est prévue

Lorsqu'une période d'essai est appliquée, sa durée exacte doit être indiquée dans le contrat.

5
La clause de rapatriement (mission hors métropole)

Si la mission s'effectue hors du territoire métropolitain, une clause de rapatriement à la charge de l'ETT est obligatoire, sauf rupture du contrat à l'initiative du salarié.

6
Caisse de retraite complémentaire et organisme de prévoyance

Le nom et l'adresse de la caisse de retraite complémentaire ainsi que de l'organisme de prévoyance dont relève l'ETT doivent figurer au contrat.

7
La possibilité d'embauche par l'entreprise utilisatrice

Le contrat doit mentionner explicitement que l'embauche du salarié par l'entreprise utilisatrice à l'issue de la mission n'est pas interdite.

Les mentions reprises du contrat de mise à disposition

Comme la première mention l'indique, le contrat de mission doit reproduire les clauses essentielles du contrat de mise à disposition conclu entre l'agence et l'entreprise cliente, notamment :

  • Le motif précis du recours au travail temporaire (remplacement, accroissement d'activité, emploi saisonnier...).
  • Le terme de la mission ou sa durée minimale lorsqu'il n'est pas fixé avec précision.
  • Les caractéristiques particulières du poste, y compris les équipements de protection individuelle (EPI) requis.
  • La rémunération de référence : le montant que percevrait, après période d'essai, un salarié permanent de qualification équivalente sur le même poste.

Une incohérence entre le contrat de mise à disposition et le contrat de mission (sur le motif, le terme ou la rémunération, par exemple) peut, à elle seule, justifier une requalification en CDI.

Le délai de transmission du contrat au salarié

L'article L. 1251-17 impose que le contrat de mission soit transmis au salarié intérimaire au plus tard dans les deux jours ouvrables suivant sa mise à disposition dans l'entreprise utilisatrice. Ce délai court, volontairement resserré par le législateur, vise à éviter que des missions se prolongent sans cadre contractuel formalisé.

Le risque de requalification en CDI en cas d'oubli

Le Code du travail ne précise pas explicitement la sanction applicable en cas d'absence d'une mention obligatoire. C'est la jurisprudence qui a tranché la question : la Cour de cassation a confirmé que le non-respect de l'une des prescriptions de l'article L. 1251-16 entraîne la requalification systématique du contrat de mission en contrat à durée indéterminée, sauf intention frauduleuse démontrée du salarié.

Contrat non conforme

  • Risque de requalification en CDI direct avec l'entreprise utilisatrice ou l'ETT.
  • Indemnités prud'homales potentielles en cas de contentieux.

Contrat conforme

  • Sécurité juridique pour l'agence et l'entreprise cliente.
  • Relation de confiance renforcée avec le salarié intérimaire.

Checklist avant signature d'un contrat de mission

  • Vérifier la cohérence entre le contrat de mise à disposition et le contrat de mission (motif, terme, poste, rémunération).
  • S'assurer que les 7 mentions de l'article L. 1251-16 figurent toutes explicitement dans le document.
  • Transmettre le contrat signé au salarié dans les 2 jours ouvrables suivant sa mise à disposition.
  • Conserver une copie datée et signée des deux contrats, en cas de contrôle ultérieur.

Un contrat de mission bien rédigé n'est pas une simple formalité administrative : c'est ce qui protège à la fois l'agence, l'entreprise cliente et le salarié intérimaire d'un risque de contentieux souvent coûteux.

Pour comprendre en détail les modalités de l'indemnité de fin de mission mentionnée au contrat, consultez notre guide complet du salaire en intérim 2026.

Sources officielles

Cet article s'appuie exclusivement sur les textes de loi en vigueur, consultables directement :

FAQ — Contrat de mission en intérim

Quelles sont les mentions obligatoires d'un contrat de mission en intérim ?

L'article L. 1251-16 du Code du travail impose 7 mentions : reprise des clauses du contrat de mise à disposition, qualification professionnelle, modalités de rémunération (dont l'IFM), durée de la période d'essai, clause de rapatriement si applicable, coordonnées de la caisse de retraite complémentaire, et mention sur la possibilité d'embauche à l'issue de la mission.

Dans quel délai le contrat de mission doit-il être transmis au salarié ?

Dans un délai de deux jours ouvrables suivant la mise à disposition du salarié dans l'entreprise utilisatrice, conformément à l'article L. 1251-17 du Code du travail.

Que risque une agence d'intérim en cas d'oubli d'une mention obligatoire ?

La jurisprudence de la Cour de cassation prévoit une requalification systématique du contrat de mission en contrat à durée indéterminée, sauf intention frauduleuse démontrée du salarié.

Quelle différence entre le contrat de mission et le contrat de mise à disposition ?

Le contrat de mise à disposition (CMD) lie l'agence d'intérim à l'entreprise cliente, tandis que le contrat de mission lie l'agence au salarié. Les mentions essentielles du CMD doivent être reprises dans le contrat de mission.

Un contrat de mission doit-il obligatoirement mentionner l'indemnité de fin de mission ?

Oui, les modalités de rémunération, y compris celles de l'indemnité de fin de mission prévue à l'article L. 1251-32, doivent figurer explicitement dans le contrat de mission.

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