🚀 Nouvelle agence Good Interim ouvre son agence Sud à Nice

Délai de Carence en Intérim : Calcul et Exceptions 2026

Droits & contrat de mission

Délai de carence entre deux missions d'intérim : calcul, jours d'ouverture et les 6 exceptions

Publié le 27 octobre 2026

Une mission qui se termine et un même poste qui doit rester vacant un moment avant d'être repourvu en intérim ou en CDD : c'est le délai de carence. Un tiers, une moitié, des jours « d'ouverture » et non calendaires, six exceptions qui s'appliquent très largement dans nos secteurs : Good Intérim détaille la règle, articles du Code du travail à l'appui, pour les intérimaires comme pour les entreprises.

Sommaire

Le principe : pourquoi un délai de carence existe

L'intérim et le CDD sont des contrats d'exception, réservés à des besoins temporaires. Pour éviter qu'un poste permanent ne soit occupé en continu par une succession d'intérimaires ou de CDD, la loi impose un délai d'attente avant de pouvoir remettre le même poste en mission ou en CDD.

Le point souvent mal compris : le délai de carence s'attache au poste, pas à la personne de l'intérimaire. Que le poste soit repourvu par le même salarié ou par quelqu'un d'autre ne change rien : c'est l'emploi occupé dans l'entreprise utilisatrice qui doit rester vacant pendant la durée du délai, avant tout nouveau contrat de mission ou CDD.

Comment se calcule le délai de carence : un tiers ou une moitié

À défaut de convention ou d'accord de branche étendu applicable à l'entreprise utilisatrice (voir plus bas), la règle par défaut tient en une phrase, mais elle dépend d'un seuil précis : 14 jours.

Trois exemples concrets :

Mission de 8 jours (< 14 jours) → règle de la moitié → 4 jours de carence.

Mission de 21 jours (≥ 14 jours) → règle du tiers → 7 jours de carence.

Mission de 3 mois renouvelée une fois pour 3 mois, soit 6 mois au total (≥ 14 jours) → règle du tiers → 2 mois de carence avant de pouvoir repourvoir le même poste.

➡️ Plus la mission est longue, plus le poste doit rester vacant longtemps avant d'être repourvu en intérim ou en CDD.

Jours d'ouverture ou jours calendaires ? La nuance qui change tout

C'est le point sur lequel le plus d'erreurs circulent, y compris dans des contenus qui se présentent comme des guides juridiques. Depuis la réforme de 2017, le délai de carence ne se décompte plus en jours calendaires.

Depuis l'ordonnance du 22 septembre 2017, le délai de carence se décompte en jours d'ouverture de l'entreprise ou de l'établissement utilisateur — c'est-à-dire les jours où celui-ci est effectivement ouvert, et non en jours calendaires comme c'était le cas auparavant. De nombreux articles encore en ligne appliquent la règle antérieure, ce qui fausse le calcul.

Concrètement, cette nuance pèse très différemment selon l'activité. Pour un établissement fermé le week-end, le délai « s'étire » sur le calendrier, puisque seuls les jours ouverts comptent. Pour les secteurs où nous recrutons le plus — grande distribution, hôtellerie-restauration, métiers de bouche — les établissements sont très souvent ouverts 6 voire 7 jours sur 7, parfois sans interruption l'été ou pendant les fêtes : le décompte en jours d'ouverture se rapproche alors beaucoup des jours calendaires.

C'est une raison de plus de faire calculer votre délai de carence par votre agence plutôt que de l'estimer vous-même : le calendrier d'ouverture réel de l'établissement, y compris ses fermetures exceptionnelles, entre directement dans le calcul.

La convention de branche peut tout changer

La règle du tiers ou de la moitié n'est que la règle par défaut. Le Code du travail laisse la main aux partenaires sociaux pour l'adapter secteur par secteur.

En pratique, cela signifie que la convention collective applicable à l'entreprise cliente peut prévoir un délai plus court, plus long, ou un mode de calcul différent de la règle légale par défaut. C'est un point que nous vérifions systématiquement avant de proposer une nouvelle mission sur un poste récemment libéré.

Les 6 cas où aucun délai de carence ne s'applique

Au-delà de l'aménagement par convention de branche, la loi prévoit des situations où le délai de carence est purement et simplement écarté. Plusieurs d'entre elles sont très fréquentes dans nos secteurs d'activité.

Cas d'exceptionPourquoiExemple concret
Remplacement d'un salarié absentEn cas de nouvelle absence de ce même salariéUn chef de rayon en arrêt maladie, puis à nouveau absent quelques semaines après son retour.
Travaux urgents de sécuritéMesures de sécurité à exécuter sans délaiIntervention technique nécessitant un renfort immédiat sur un site.
Emploi à caractère saisonnierActivité qui varie selon les périodes de l'annéeRenfort de caisse ou de vente pour la rentrée, l'été ou les fêtes de fin d'année.
Remplacement d'un chef d'entreprise ou d'exploitationArtisan, commerçant, profession libérale, exploitant agricoleLe gérant d'une boulangerie artisanale remplacé pendant ses congés.
Rupture anticipée à l'initiative du salariéLe poste redevient vacant du fait de l'intérimaire lui-mêmeUn intérimaire quitte sa mission pour un CDI signé ailleurs.
Refus du renouvellement par le salariéPour la seule durée du renouvellement non exécutéLe salarié refuse un renouvellement proposé en fin de contrat.

Pour nos clients de la grande distribution et de l'hôtellerie-restauration, l'exception du caractère saisonnier revient le plus souvent : rentrée scolaire, saison estivale sur la Côte d'Azur, période des fêtes. Elle permet d'enchaîner les renforts sur un même poste sans attendre un délai de carence.

Et si le délai de carence n'est pas respecté ?

C'est un point mal expliqué en ligne, où l'on trouve souvent l'idée qu'un non-respect du délai de carence donnerait automatiquement droit à une requalification en CDI contre l'entreprise cliente. La réalité est plus nuancée.

L'intérimaire n'est pas pour autant sans recours : la jurisprudence lui reconnaît une action en requalification contre l'entreprise de travail temporaire, qui reste son employeur juridique. ETT et entreprise utilisatrice peuvent alors être condamnées solidairement à verser des dommages et intérêts en réparation du préjudice subi.

En clair : le non-respect du délai de carence est une faute qui expose l'ETT et l'entreprise cliente à des sanctions financières, mais ce n'est pas un raccourci automatique vers le CDI contre l'entreprise utilisatrice. C'est précisément pour éviter tout risque, des deux côtés, que nous vérifions systématiquement le délai de carence avant de proposer un nouveau contrat sur un poste récemment libéré.

Côté entreprise : bien anticiper pour ne jamais être bloqué

Le délai de carence est souvent découvert au pire moment : un poste à repourvoir en urgence, et une agence qui explique qu'il faut attendre. La bonne pratique consiste à l'anticiper dès la signature du premier contrat.

Les bons réflexes

  • Vérifier dès le départ si une exception s'applique à votre besoin (saisonnalité, remplacement).
  • Faire vérifier la convention collective applicable, qui peut assouplir la règle par défaut.
  • Anticiper la durée d'une mission pour calibrer le délai de carence qui suivra.

Les erreurs à éviter

  • Remettre le même poste en mission sans vérifier le délai écoulé.
  • Calculer le délai en jours calendaires au lieu de jours d'ouverture.
  • Confondre « poste vacant » et « même salarié absent » dans l'exception de remplacement.

C'est exactement pour sécuriser ces calculs que nos équipes suivent chaque poste repourvu chez nos clients. Pour comprendre les différences entre les contrats à votre disposition, consultez notre guide intérim ou CDD : quel contrat choisir.

Pour aller plus loin

Sources officielles

Cet article s'appuie sur les textes en vigueur, consultables directement :

FAQ — Délai de carence entre deux missions d'intérim

Qu'est-ce que le délai de carence en intérim ?

C'est la période pendant laquelle un poste qui vient d'être libéré par la fin d'un contrat de mission ne peut pas être repourvu par un nouveau contrat de mission ou un CDD. Il s'applique au poste, et non à la personne du salarié.

Comment calculer le délai de carence ?

À défaut de convention de branche étendue, le délai est égal au tiers de la durée totale du contrat écoulé, renouvellements inclus, si cette durée est égale ou supérieure à 14 jours, et à la moitié si elle est inférieure à 14 jours.

Le délai de carence se compte-t-il en jours calendaires ?

Non, depuis l'ordonnance du 22 septembre 2017, il se décompte en jours d'ouverture de l'entreprise ou de l'établissement utilisateur, c'est-à-dire les jours où celui-ci est effectivement ouvert, et non en jours calendaires.

Y a-t-il des cas où le délai de carence ne s'applique pas ?

Oui, six cas : remplacement d'un salarié de nouveau absent, travaux urgents de sécurité, emploi à caractère saisonnier, remplacement d'un chef d'entreprise ou d'exploitation, rupture anticipée à l'initiative du salarié, et refus par le salarié du renouvellement de son contrat.

Une convention collective peut-elle changer la règle du délai de carence ?

Oui. Une convention ou un accord de branche étendu applicable à l'entreprise utilisatrice peut fixer un mode de calcul différent de la règle légale par défaut.

Que risque une entreprise qui ne respecte pas le délai de carence ?

Ce manquement n'entraîne pas automatiquement une requalification en CDI contre l'entreprise utilisatrice, car il ne figure pas parmi les cas listés à l'article L1251-40. L'intérimaire conserve toutefois une action en requalification contre l'agence d'intérim, les deux pouvant être condamnées solidairement à des dommages et intérêts.

Le délai de carence s'applique-t-il si c'est un autre intérimaire qui reprend le poste ?

Oui. Le délai de carence est attaché au poste occupé dans l'entreprise utilisatrice, pas à la personne du salarié : changer d'intérimaire ne permet pas de contourner la règle.

Logo good intérim
Déposez votre CV
Candidature Express