Une proposition de CDI obligatoirement écrite
Ne vous précipitez pas sur une simple promesse orale. Depuis janvier 2024, lorsque l'entreprise utilisatrice vous propose un CDI pour occuper le même emploi ou un emploi similaire, sans changement de lieu de travail, elle doit vous le notifier par écrit.
- La notification peut se faire par lettre recommandée avec accusé de réception, par remise en main propre contre décharge, ou par tout autre moyen donnant une date certaine de réception.
- L'employeur doit préciser un délai de réflexion raisonnable. L'absence de réponse de votre part à l'issue de ce délai vaut refus.
Base légale : art. L1251-33-1 du Code du travail (obligation d'écrit, entrée en vigueur le 1ᵉʳ janvier 2024) et art. R1251-3-1 (modalités de notification).
Pour bien distinguer CDI, CDD, intérim et CDI intérimaire (CDII) et leurs spécificités respectives, consultez notre comparatif complet des contrats de travail.
Une période d'essai réduite, parfois supprimée
Bonne nouvelle : signer un CDI après une mission d'intérim dans la même entreprise ne remet pas tous les compteurs à zéro.
- Les jours travaillés en intérim au cours des 3 mois précédant l'embauche comptent dans le calcul de votre ancienneté.
- Cette même durée est déduite de la période d'essai prévue dans votre CDI, qui peut donc être raccourcie, voire totalement supprimée.
Base légale : art. L1251-38 du Code du travail.
Perdez-vous votre IFM en signant le CDI ?
L'indemnité de fin de mission (10 % de votre rémunération brute totale) reste due dans la plupart des cas, mais pas toujours. Tout dépend du délai entre la fin de la mission et le début du CDI :
- Enchaînement immédiat avec l'entreprise utilisatrice, sans aucun délai : l'IFM n'est pas due.
- Un délai existe, même très bref, entre la fin de mission et le début du CDI : l'IFM reste due dans son intégralité.
- CDI avec une autre entreprise que l'entreprise utilisatrice : l'IFM est due normalement.
Une simple promesse d'embauche orale ou vague reçue avant la fin de votre mission ne suffit pas à vous priver de l'IFM : seul un CDI réel, immédiat et conclu sur un poste correspondant à la mission exclut le versement. Pour tous les autres cas d'exclusion de l'IFM (rupture anticipée, faute grave, refus d'un renouvellement...), consultez notre guide complet de l'IFM.
Refuser le CDI : ce que le Code du travail ne vous dit pas toujours
Vous avez parfaitement le droit de refuser une offre de CDI qui ne vous convient pas. Mais depuis la loi « Marché du travail » de 2022, un mécanisme méconnu peut jouer contre vous si le refus se répète.
- Un refus isolé n'a aucune conséquence : vous restez libre de refuser une offre de CDI sans avoir à vous justifier.
- Deux refus au cours des 12 derniers mois, portant sur des propositions « conformes » (même emploi ou similaire, classification, rémunération et durée de travail équivalentes, même lieu), peuvent vous priver du bénéfice de l'allocation d'assurance chômage (ARE) lors de votre prochaine inscription à France Travail.
- Exception : cette exclusion ne s'applique pas si la dernière offre refusée n'était pas conforme à votre projet personnalisé d'accès à l'emploi (PPAE), ou si vous avez été employé en CDI entre-temps.
Ce mécanisme est bien réel : il a été contesté par plusieurs organisations syndicales (FO, CGT, Solidaires, FSU), mais le Conseil d'État l'a définitivement validé dans sa décision du 18 juillet 2025 (n° 492244). L'entreprise utilisatrice a l'obligation d'informer France Travail de chaque refus, en justifiant du caractère similaire de l'emploi proposé.
Base légale : art. L1251-33-1 et L5422-1 du Code du travail ; décret n° 2023-1307 du 28 décembre 2023 et arrêté du 3 janvier 2024 ; Conseil d'État, 18 juillet 2025, n° 492244.
Pour approfondir vos droits en cas de fin de mission, consultez notre guide chômage et intérim en 2026. À ne pas confondre avec le refus d'une simple mission d'intérim (avant signature du contrat de mission), qui lui n'a aucune conséquence sur vos droits : voir notre article peut-on refuser une mission d'intérim ?
Cumuler un CDI et des missions d'intérim
Rien ne vous empêche de continuer à faire de l'intérim pour d'autres entreprises une fois en CDI, tant que vous respectez les durées maximales légales de travail : pas plus de 10 heures par jour ni 48 heures par semaine, tous employeurs confondus.
Base légale : art. L3121-18 et L3121-20 du Code du travail (durées maximales quotidienne et hebdomadaire).
Rompre un CDI intérimaire (CDII) pour accepter un CDI classique
Même engagé par un CDI intérimaire auprès de votre agence, vous pouvez tout à fait le quitter pour rejoindre une entreprise utilisatrice en CDI classique. La rupture obéit aux mêmes règles qu'une démission de CDI ordinaire.
- La démission peut se faire à l'oral, mais l'écrit (idéalement avec accusé de réception) est vivement recommandé pour éviter tout litige.
- Vous n'avez pas à justifier votre départ, mais devez respecter le préavis fixé par la convention collective des entreprises de travail temporaire : 1 mois pour les ouvriers et employés, 2 mois pour les agents de maîtrise et techniciens, 3 mois pour les cadres.
- Une rupture conventionnelle reste possible si votre entreprise de travail temporaire l'accepte.






