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On vous propose un CDI après votre mission d'intérim : ce qu'il faut savoir en 2026

Droit du travail · Intérim & CDI

On vous propose un CDI après votre mission d'intérim : ce qu'il faut savoir en 2026

Publié le 22 septembre 2026

Votre mission touche à sa fin et l'entreprise utilisatrice vous propose un contrat à durée indéterminée ? Une belle nouvelle, mais qui soulève des questions concrètes : période d'essai, indemnité de fin de mission (IFM), cumul d'activités... et surtout, un point que beaucoup ignorent : refuser peut, sous conditions, vous priver de vos droits au chômage. On fait le point, textes de loi à l'appui.

Sommaire

Une proposition de CDI obligatoirement écrite

Ne vous précipitez pas sur une simple promesse orale. Depuis janvier 2024, lorsque l'entreprise utilisatrice vous propose un CDI pour occuper le même emploi ou un emploi similaire, sans changement de lieu de travail, elle doit vous le notifier par écrit.

  • La notification peut se faire par lettre recommandée avec accusé de réception, par remise en main propre contre décharge, ou par tout autre moyen donnant une date certaine de réception.
  • L'employeur doit préciser un délai de réflexion raisonnable. L'absence de réponse de votre part à l'issue de ce délai vaut refus.

Pour bien distinguer CDI, CDD, intérim et CDI intérimaire (CDII) et leurs spécificités respectives, consultez notre comparatif complet des contrats de travail.

Une période d'essai réduite, parfois supprimée

Bonne nouvelle : signer un CDI après une mission d'intérim dans la même entreprise ne remet pas tous les compteurs à zéro.

  • Les jours travaillés en intérim au cours des 3 mois précédant l'embauche comptent dans le calcul de votre ancienneté.
  • Cette même durée est déduite de la période d'essai prévue dans votre CDI, qui peut donc être raccourcie, voire totalement supprimée.

Perdez-vous votre IFM en signant le CDI ?

L'indemnité de fin de mission (10 % de votre rémunération brute totale) reste due dans la plupart des cas, mais pas toujours. Tout dépend du délai entre la fin de la mission et le début du CDI :

  • Enchaînement immédiat avec l'entreprise utilisatrice, sans aucun délai : l'IFM n'est pas due.
  • Un délai existe, même très bref, entre la fin de mission et le début du CDI : l'IFM reste due dans son intégralité.
  • CDI avec une autre entreprise que l'entreprise utilisatrice : l'IFM est due normalement.

Une simple promesse d'embauche orale ou vague reçue avant la fin de votre mission ne suffit pas à vous priver de l'IFM : seul un CDI réel, immédiat et conclu sur un poste correspondant à la mission exclut le versement. Pour tous les autres cas d'exclusion de l'IFM (rupture anticipée, faute grave, refus d'un renouvellement...), consultez notre guide complet de l'IFM.

Refuser le CDI : ce que le Code du travail ne vous dit pas toujours

Vous avez parfaitement le droit de refuser une offre de CDI qui ne vous convient pas. Mais depuis la loi « Marché du travail » de 2022, un mécanisme méconnu peut jouer contre vous si le refus se répète.

  • Un refus isolé n'a aucune conséquence : vous restez libre de refuser une offre de CDI sans avoir à vous justifier.
  • Deux refus au cours des 12 derniers mois, portant sur des propositions « conformes » (même emploi ou similaire, classification, rémunération et durée de travail équivalentes, même lieu), peuvent vous priver du bénéfice de l'allocation d'assurance chômage (ARE) lors de votre prochaine inscription à France Travail.
  • Exception : cette exclusion ne s'applique pas si la dernière offre refusée n'était pas conforme à votre projet personnalisé d'accès à l'emploi (PPAE), ou si vous avez été employé en CDI entre-temps.

Ce mécanisme est bien réel : il a été contesté par plusieurs organisations syndicales (FO, CGT, Solidaires, FSU), mais le Conseil d'État l'a définitivement validé dans sa décision du 18 juillet 2025 (n° 492244). L'entreprise utilisatrice a l'obligation d'informer France Travail de chaque refus, en justifiant du caractère similaire de l'emploi proposé.

Pour approfondir vos droits en cas de fin de mission, consultez notre guide chômage et intérim en 2026. À ne pas confondre avec le refus d'une simple mission d'intérim (avant signature du contrat de mission), qui lui n'a aucune conséquence sur vos droits : voir notre article peut-on refuser une mission d'intérim ?

Cumuler un CDI et des missions d'intérim

Rien ne vous empêche de continuer à faire de l'intérim pour d'autres entreprises une fois en CDI, tant que vous respectez les durées maximales légales de travail : pas plus de 10 heures par jour ni 48 heures par semaine, tous employeurs confondus.

Rompre un CDI intérimaire (CDII) pour accepter un CDI classique

Même engagé par un CDI intérimaire auprès de votre agence, vous pouvez tout à fait le quitter pour rejoindre une entreprise utilisatrice en CDI classique. La rupture obéit aux mêmes règles qu'une démission de CDI ordinaire.

  • La démission peut se faire à l'oral, mais l'écrit (idéalement avec accusé de réception) est vivement recommandé pour éviter tout litige.
  • Vous n'avez pas à justifier votre départ, mais devez respecter le préavis fixé par la convention collective des entreprises de travail temporaire : 1 mois pour les ouvriers et employés, 2 mois pour les agents de maîtrise et techniciens, 3 mois pour les cadres.
  • Une rupture conventionnelle reste possible si votre entreprise de travail temporaire l'accepte.

FAQ — CDI après une mission d'intérim

Mon employeur peut-il me proposer un CDI oralement ?

Non. Depuis le 1ᵉʳ janvier 2024, si le CDI concerne le même emploi ou un emploi similaire, sans changement de lieu de travail, l'entreprise utilisatrice doit vous le notifier par écrit (art. L1251-33-1 du Code du travail).

Vais-je perdre mon IFM si j'accepte le CDI ?

Seulement si le CDI démarre immédiatement, sans aucun délai, avec la même entreprise utilisatrice. Dans tous les autres cas (délai, même bref, ou CDI avec une autre entreprise), l'IFM reste due intégralement.

Puis-je refuser le CDI sans risque ?

Un refus isolé n'a aucune conséquence. En revanche, deux refus d'une proposition de CDI conforme au cours des 12 derniers mois peuvent vous priver du bénéfice de l'allocation chômage lors de votre prochaine inscription à France Travail (art. L5422-1 du Code du travail).

Cette règle sur la perte du chômage est-elle vraiment appliquée ?

Oui. Malgré les recours de plusieurs syndicats, le Conseil d'État a définitivement validé ce mécanisme dans sa décision du 18 juillet 2025 (n° 492244).

Ma période d'essai en CDI sera-t-elle raccourcie après une mission d'intérim ?

Oui, si le CDI suit une mission dans la même entreprise. Les jours travaillés en intérim au cours des 3 mois précédents comptent dans votre ancienneté et se déduisent de votre période d'essai (art. L1251-38).

Puis-je continuer à faire de l'intérim une fois en CDI ?

Oui, pour d'autres entreprises que votre employeur en CDI, à condition de ne pas dépasser les durées maximales légales de travail : 10 heures par jour et 48 heures par semaine, tous employeurs confondus.

Comment quitter mon CDI intérimaire (CDII) pour accepter un CDI classique ?

Vous devez démissionner de votre entreprise de travail temporaire en respectant le préavis prévu par la convention collective des entreprises de travail temporaire (1 à 3 mois selon votre catégorie), sauf accord de rupture conventionnelle avec votre agence.

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