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IFM intérim : Quand est-elle versée (ou pas) ?

Vos droits en intérim

Indemnité de fin de mission en intérim : quand est-elle versée (et quand ne l'est-elle pas) ?

Publié le 29 juillet 2026

L'indemnité de fin de mission (IFM), aussi appelée prime de précarité, récompense la nature temporaire de vos missions. Mais elle n'est pas systématique : la loi prévoit plusieurs cas où elle n'est pas due. Good Intérim fait le point, article du Code du travail à l'appui, pour que vous sachiez exactement à quoi vous avez droit.

Sommaire

Qu'est-ce que l'indemnité de fin de mission ?

L'indemnité de fin de mission (IFM) est un complément de salaire versé à l'intérimaire à la fin de son contrat de mission. Son but : compenser la précarité d'un emploi par nature temporaire, sans garantie de renouvellement ni de CDI. C'est pourquoi on l'appelle couramment la « prime de précarité ».

C'est donc bien votre agence d'intérim (l'ETT), votre employeur légal, qui calcule et verse l'IFM — pas l'entreprise où vous avez effectué la mission. Elle apparaît sur votre bulletin de paie de fin de mission, sur une ligne distincte intitulée « IFM » ou « prime de précarité ».

Montant et calcul : la règle des 10 %

Le montant de l'IFM est fixé par la loi : il est au moins égal à 10 % de la rémunération totale brute perçue pendant la mission, renouvellement inclus (article L1251-33).

  • La base de calcul comprend l'ensemble de la rémunération brute : salaire, heures supplémentaires, majorations et primes diverses (13e mois, prime de vacances, etc.).
  • Elle est versée en brut : soumise à cotisations sociales et imposable comme le salaire. Le montant net perçu est donc légèrement inférieur.
  • Elle ne peut pas être versée de façon anticipée : le paiement intervient à la fin du contrat ou de son renouvellement.

Exemple de calcul :

Vous avez perçu 3 200 € brut de salaire sur l'ensemble de votre mission.

IFM = 10 % × 3 200 € = 320 € brut.

Cette somme s'ajoute à votre rémunération et figure sur votre dernier bulletin de paie.

Pour bien lire cette ligne sur votre fiche de paie, consultez notre guide de la fiche de paie en intérim, et pour tout comprendre sur votre rémunération, notre guide complet du salaire en intérim.

Les cas où l'IFM n'est PAS versée

C'est le point essentiel de cet article. L'IFM est la règle, mais l'article L1251-33 du Code du travail prévoit plusieurs situations où elle n'est pas due. Les voici, chacune rattachée à son fondement.

Embauche immédiate en CDISi l'entreprise utilisatrice vous embauche en CDI juste après la mission, l'emploi est « pérennisé » : la précarité disparaît, donc l'IFM n'est plus due. Art. L1251-32
Refus d'un CDI sur le même posteSi l'entreprise vous propose un CDI sur le même poste (ou un poste équivalent) à l'issue de la mission et que vous le refusez, l'IFM n'est pas versée.
Rupture à votre initiativeSi vous rompez votre contrat de mission avant son terme (abandon de poste, demande de fin anticipée), l'IFM n'est pas due. Art. L1251-33
Faute graveEn cas de rupture pour faute grave (vol, abandon de poste caractérisé, état d'ébriété, non-respect des consignes de sécurité…), l'indemnité n'est pas versée. Art. L1251-33
Force majeureSi le contrat est rompu pour un cas de force majeure (catastrophe naturelle, crise sanitaire…), l'IFM n'est pas due. Art. L1251-33
Missions saisonnières ou d'usagePour une mission à caractère saisonnier ou d'usage, l'IFM peut être exclue, mais uniquement si un accord ou une convention collective de branche étendu le prévoit expressément.
CDI intérimaire (CDII)En CDI intérimaire, il n'y a pas d'IFM : le salarié bénéficie d'une continuité d'emploi et d'une garantie minimale de rémunération, ce qui remplace la logique de précarité.

Attention à une idée reçue : si c'est l'entreprise utilisatrice qui interrompt votre mission de façon anticipée, l'IFM reste due. La rupture par le fait de l'entreprise n'exonère pas l'agence de son paiement. Pour connaître vos droits dans ce cas, lisez notre article sur la rupture anticipée du contrat de mission.

Le cas particulier du CDI : attention aux fausses exclusions

C'est la situation la plus discutée. Pour que l'embauche en CDI prive légitimement de l'IFM, le CDI doit être réel, immédiat et porter sur un poste correspondant à la mission.

Une simple promesse vague, une conversation orale, un CDI proposé à des conditions très différentes, un poste sans rapport avec la mission ou une proposition tardive ne suffisent pas à exclure automatiquement l'IFM. Si vous avez un doute sur la validité de la proposition qui vous prive de votre prime, ne signez rien à la hâte : votre indemnité pourrait rester due.

En clair : accepter un vrai CDI, c'est troquer une prime ponctuelle contre la sécurité d'un emploi durable — un bon échange. Mais renoncer à son IFM sur la foi d'une promesse floue, c'est une erreur à éviter. Pour comparer les contrats, consultez notre guide CDD, CDI, intérim et CDII.

Pour tout comprendre sur les différences entre ces contrats, lisez notre comparatif : CDD, CDI, intérim, CDII : les différences.

Ne pas confondre l'IFM et l'indemnité de congés payés

En fin de mission, vous percevez en réalité deux indemnités distinctes, souvent confondues car versées ensemble et calculées toutes deux à 10 %.

  • L'IFM (prime de précarité) : 10 % de la rémunération brute, pour compenser la précarité. C'est l'objet de cet article.
  • L'indemnité compensatrice de congés payés (ICCP) : au moins 10 % du brut total (IFM incluse), car les congés ne peuvent pas toujours être pris en mission (article L1251-19).

Résultat : votre bulletin de fin de mission est systématiquement plus élevé que vos paies mensuelles habituelles, puisque ces deux indemnités s'y ajoutent. Un point à anticiper dans la gestion de votre budget.

Que faire si votre IFM n'est pas versée ?

Si vous estimez que votre IFM est due mais qu'elle n'a pas été versée, sans motif légal valable, vous disposez de plusieurs recours.

  1. Vérifiez votre bulletin de fin de mission : l'IFM figure sur une ligne distincte. Assurez-vous qu'elle est absente et non simplement mal libellée.
  2. Contactez votre agence d'intérim : en tant qu'employeur légal, c'est elle qui verse l'IFM. Une régularisation à l'amiable est souvent possible.
  3. Demandez le fondement du non-versement : l'agence doit pouvoir justifier l'exclusion par l'un des cas prévus par la loi.
  4. Saisissez le Conseil de prud'hommes si le désaccord persiste et que l'indemnité vous semble due sans justification légale.

Cet article présente les règles générales issues du Code du travail à titre informatif. Votre situation précise peut relever de dispositions conventionnelles particulières : en cas de doute, rapprochez-vous de votre agence ou d'un conseil juridique.

Pour aller plus loin

Sources officielles

Cet article s'appuie sur les textes suivants du Code du travail :

FAQ — Indemnité de fin de mission

Quel est le montant de l'IFM en intérim ?

L'IFM est au moins égale à 10 % de la rémunération totale brute perçue pendant la mission, renouvellement inclus (article L1251-32 du Code du travail). Elle est versée en brut, soumise à cotisations et imposable comme le salaire.

Dans quels cas l'IFM n'est-elle pas versée ?

Principalement : embauche immédiate en CDI par l'entreprise utilisatrice, refus d'un CDI sur le même poste, rupture du contrat à votre initiative, faute grave, force majeure, certaines missions saisonnières ou d'usage si un accord le prévoit, et le CDI intérimaire (CDII). Ces cas sont fixés par l'article L1251-33.

Qui verse l'indemnité de fin de mission ?

C'est l'entreprise de travail temporaire (l'agence d'intérim), votre employeur légal, qui calcule et verse l'IFM — pas l'entreprise où vous avez effectué la mission. Elle figure sur votre dernier bulletin de paie, sur une ligne distincte.

Si l'entreprise arrête ma mission plus tôt, ai-je droit à l'IFM ?

Oui. Lorsque la mission est interrompue par le fait de l'entreprise utilisatrice, l'IFM reste due : cette rupture n'exonère pas l'agence de son paiement. Seule une rupture à votre initiative, pour faute grave ou force majeure, prive de l'indemnité.

L'IFM et l'indemnité de congés payés, c'est la même chose ?

Non. Ce sont deux indemnités distinctes, versées ensemble en fin de mission. L'IFM (10 %) compense la précarité ; l'indemnité compensatrice de congés payés (au moins 10 % du brut, IFM incluse) compense les congés non pris. Les deux s'ajoutent à votre dernière paie.

Perd-on l'IFM en acceptant un CDI ?

Oui, si le CDI est réel, immédiat et sur un poste correspondant : l'emploi est pérennisé, donc l'IFM n'est plus due. En revanche, une simple promesse orale, un CDI à conditions très différentes ou un poste sans rapport ne suffisent pas à exclure automatiquement l'indemnité.

Que faire si mon agence ne me verse pas l'IFM ?

Vérifiez d'abord votre bulletin, puis contactez votre agence pour comprendre le motif. Si l'indemnité vous semble due sans justification légale, vous pouvez saisir le Conseil de prud'hommes compétent.

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