Qu'est-ce que l'indemnité de fin de mission ?
L'indemnité de fin de mission (IFM) est un complément de salaire versé à l'intérimaire à la fin de son contrat de mission. Son but : compenser la précarité d'un emploi par nature temporaire, sans garantie de renouvellement ni de CDI. C'est pourquoi on l'appelle couramment la « prime de précarité ».
Selon l'article L1251-32, lorsque le salarié ne bénéficie pas immédiatement d'un CDI avec l'entreprise utilisatrice à l'issue de sa mission, il a droit à une indemnité de fin de mission destinée à compenser la précarité de sa situation. Cette indemnité, égale à 10 % de la rémunération totale brute, est versée par l'entreprise de travail temporaire (ETT) à l'issue de chaque mission effectivement accomplie, en même temps que le dernier salaire.
C'est donc bien votre agence d'intérim (l'ETT), votre employeur légal, qui calcule et verse l'IFM — pas l'entreprise où vous avez effectué la mission. Elle apparaît sur votre bulletin de paie de fin de mission, sur une ligne distincte intitulée « IFM » ou « prime de précarité ».
Montant et calcul : la règle des 10 %
Le montant de l'IFM est fixé par la loi : il est au moins égal à 10 % de la rémunération totale brute perçue pendant la mission, renouvellement inclus (article L1251-33).
- La base de calcul comprend l'ensemble de la rémunération brute : salaire, heures supplémentaires, majorations et primes diverses (13e mois, prime de vacances, etc.).
- Elle est versée en brut : soumise à cotisations sociales et imposable comme le salaire. Le montant net perçu est donc légèrement inférieur.
- Elle ne peut pas être versée de façon anticipée : le paiement intervient à la fin du contrat ou de son renouvellement.
Exemple de calcul :
Vous avez perçu 3 200 € brut de salaire sur l'ensemble de votre mission.
IFM = 10 % × 3 200 € = 320 € brut.
Cette somme s'ajoute à votre rémunération et figure sur votre dernier bulletin de paie.
Pour bien lire cette ligne sur votre fiche de paie, consultez notre guide de la fiche de paie en intérim, et pour tout comprendre sur votre rémunération, notre guide complet du salaire en intérim.
Les cas où l'IFM n'est PAS versée
C'est le point essentiel de cet article. L'IFM est la règle, mais l'article L1251-33 du Code du travail prévoit plusieurs situations où elle n'est pas due. Les voici, chacune rattachée à son fondement.
Attention à une idée reçue : si c'est l'entreprise utilisatrice qui interrompt votre mission de façon anticipée, l'IFM reste due. La rupture par le fait de l'entreprise n'exonère pas l'agence de son paiement. Pour connaître vos droits dans ce cas, lisez notre article sur la rupture anticipée du contrat de mission.
Le cas particulier du CDI : attention aux fausses exclusions
C'est la situation la plus discutée. Pour que l'embauche en CDI prive légitimement de l'IFM, le CDI doit être réel, immédiat et porter sur un poste correspondant à la mission.
Une simple promesse vague, une conversation orale, un CDI proposé à des conditions très différentes, un poste sans rapport avec la mission ou une proposition tardive ne suffisent pas à exclure automatiquement l'IFM. Si vous avez un doute sur la validité de la proposition qui vous prive de votre prime, ne signez rien à la hâte : votre indemnité pourrait rester due.
En clair : accepter un vrai CDI, c'est troquer une prime ponctuelle contre la sécurité d'un emploi durable — un bon échange. Mais renoncer à son IFM sur la foi d'une promesse floue, c'est une erreur à éviter. Pour comparer les contrats, consultez notre guide CDD, CDI, intérim et CDII.
Pour tout comprendre sur les différences entre ces contrats, lisez notre comparatif : CDD, CDI, intérim, CDII : les différences.
Ne pas confondre l'IFM et l'indemnité de congés payés
En fin de mission, vous percevez en réalité deux indemnités distinctes, souvent confondues car versées ensemble et calculées toutes deux à 10 %.
- L'IFM (prime de précarité) : 10 % de la rémunération brute, pour compenser la précarité. C'est l'objet de cet article.
- L'indemnité compensatrice de congés payés (ICCP) : au moins 10 % du brut total (IFM incluse), car les congés ne peuvent pas toujours être pris en mission (article L1251-19).
Résultat : votre bulletin de fin de mission est systématiquement plus élevé que vos paies mensuelles habituelles, puisque ces deux indemnités s'y ajoutent. Un point à anticiper dans la gestion de votre budget.
Que faire si votre IFM n'est pas versée ?
Si vous estimez que votre IFM est due mais qu'elle n'a pas été versée, sans motif légal valable, vous disposez de plusieurs recours.
- Vérifiez votre bulletin de fin de mission : l'IFM figure sur une ligne distincte. Assurez-vous qu'elle est absente et non simplement mal libellée.
- Contactez votre agence d'intérim : en tant qu'employeur légal, c'est elle qui verse l'IFM. Une régularisation à l'amiable est souvent possible.
- Demandez le fondement du non-versement : l'agence doit pouvoir justifier l'exclusion par l'un des cas prévus par la loi.
- Saisissez le Conseil de prud'hommes si le désaccord persiste et que l'indemnité vous semble due sans justification légale.
Cet article présente les règles générales issues du Code du travail à titre informatif. Votre situation précise peut relever de dispositions conventionnelles particulières : en cas de doute, rapprochez-vous de votre agence ou d'un conseil juridique.
Pour aller plus loin
- Le salaire en intérim — IFM, congés payés et calcul du net.
- La période d'essai en intérim — durée, rupture et droits.
- La rupture anticipée du contrat de mission — vos droits et l'impact sur l'IFM.





