Qu'est-ce qu'un relevé d'heures en intérim ?
Le relevé d'heures (aussi appelé feuille d'heures ou pointage) est le document — papier ou digital — qui consigne, jour par jour, les heures réellement effectuées par l'intérimaire pendant sa mission : heure d'arrivée, heure de départ, pauses, heures supplémentaires éventuelles. C'est lui, et lui seul, qui sert de base au calcul de votre bulletin de paie. Sans relevé complet et validé, l'agence ne peut tout simplement pas établir une paie exacte.
Qui remplit et qui valide le relevé d'heures ?
Le circuit du relevé d'heures suit toujours la même logique, en trois temps. Comprendre qui fait quoi permet de savoir exactement à qui s'adresser en cas de problème — et d'éviter les paies bloquées.
À retenir : c'est bien l'agence d'intérim qui est votre employeur légal et qui vous paie — pas l'entreprise où vous travaillez. Mais sans la validation de l'entreprise utilisatrice, l'agence ne peut pas traiter votre relevé. D'où l'importance de le soumettre dans les délais, chaque semaine, sans exception.
Ce qu'il faut noter sur son relevé (et ne surtout pas oublier)
- Les horaires réels, pas les horaires théoriques du planning : c'est ce que vous avez effectivement travaillé qui compte.
- Les heures supplémentaires : au-delà de 35 h par semaine, elles sont majorées d'au moins 25 % de la 36e à la 43e heure, puis 50 % à partir de la 44e (sauf accord collectif prévoyant un autre taux, jamais inférieur à 10 %).
- Le travail de nuit, du dimanche ou des jours fériés, qui ouvre droit à des majorations spécifiques selon la convention collective de l'entreprise utilisatrice.
- Les pauses non rémunérées, à distinguer clairement du temps de travail effectif pour éviter tout écart avec le pointage de l'entreprise.
L'impact direct du relevé d'heures sur votre paie
Chaque heure inscrite sur le relevé a un effet en cascade : elle alimente le salaire de base, puis l'indemnité de fin de mission (IFM) et l'indemnité compensatrice de congés payés (ICCP), qui se calculent l'une après l'autre. Une heure supplémentaire oubliée sur le relevé, c'est donc plus que son montant brut de perdu.
Exemple pour une semaine de 39 h à 13 € brut / heure (accord de la mission : majoration légale) :
35 h au taux normal : 35 × 13 € = 455,00 €
+ 4 h supplémentaires majorées à 25 % : 4 × 16,25 € = 65,00 €
= Salaire de base de la semaine : 520,00 €
+ IFM (10 % du salaire de base) = 52,00 €
+ Congés payés (10 % du salaire de base + IFM, soit 10 % de 572,00 €) = 57,20 €
➡️ Brut total de la semaine = 629,20 €, soit un net estimé d'environ 490 € (charges ≈ 22 %)
IFM, ICCP, « double détente », acompte hebdomadaire : pour maîtriser tout le mécanisme de la rémunération en intérim avec d'autres exemples chiffrés, consultez notre guide complet du salaire en intérim.
Erreurs fréquentes et gestion des litiges
La grande majorité des retards de paie en intérim vient du relevé d'heures : relevé soumis hors délai, heures supplémentaires non reportées, écart entre les heures déclarées et le pointage de l'entreprise, ou validation qui traîne côté entreprise utilisatrice. La bonne nouvelle : presque tous ces litiges se règlent vite quand chacun a gardé une trace.
- Relisez avant de soumettre : comparez votre relevé avec vos propres notes de la semaine (application, agenda, photos du planning).
- Signalez l'écart immédiatement : dès qu'un bulletin ne correspond pas aux heures travaillées, contactez votre agence sans attendre le mois suivant.
- Conservez tous vos justificatifs : copies de relevés, échanges écrits, plannings. En cas de désaccord sur les heures, la preuve est partagée entre le salarié et l'employeur (article L3171-4 du Code du travail) — vos éléments comptent.
- Connaissez le délai : une demande de rappel de salaire peut être portée devant les prud'hommes pendant 3 ans (article L3245-1 du Code du travail).
Chez Good Intérim, un écart signalé sur un relevé d'heures est traité en direct entre votre agence, l'entreprise utilisatrice et vous — avec un objectif simple : corriger la paie au plus vite, sans attendre le cycle de paie suivant quand c'est possible.
Bonnes pratiques pour être payé sans accroc
Côté intérimaire
- Notez vos horaires chaque jour, en temps réel, plutôt que de reconstituer la semaine le vendredi soir.
- Soumettez votre relevé à jour fixe chaque semaine et gardez-en systématiquement une copie.
- Vérifiez chaque bulletin de paie ligne par ligne : heures, majorations, IFM, congés payés.
Côté entreprise utilisatrice
- Validez les relevés dès leur réception : une validation tardive retarde mécaniquement la paie de l'intérimaire.
- Désignez un référent unique sur site pour la signature des heures, surtout en cas de travail en horaires décalés.
- Signalez à l'agence tout écart constaté avant validation, plutôt que de corriger unilatéralement le relevé.
Vous débutez dans l'intérim et découvrez ces démarches ? Notre guide pour devenir intérimaire détaille toutes les étapes, de l'inscription en agence au premier bulletin de paie. Et si vous cherchez une mission dans les métiers de bouche, découvrez par exemple notre guide complet du boucher en intérim.





