EPI : qu'est-ce que c'est exactement ?
EPI est l'acronyme d'Équipement de Protection Individuelle. Il désigne tout dispositif porté ou tenu par un travailleur pour le protéger contre un risque menaçant sa santé ou sa sécurité : risques mécaniques (coupure, perforation, choc), thermiques, chimiques, biologiques, électriques ou auditifs.
Les équipements de protection individuelle sont des dispositifs ou moyens destinés à être portés ou tenus par une personne en vue de la protéger contre un ou plusieurs risques susceptibles de menacer sa santé ou sa sécurité.
Article R4311-8 du Code du travail
Un système de liaison raccordant un EPI à un dispositif extérieur — un harnais relié à une ligne de vie, par exemple — est lui aussi considéré comme un EPI. En revanche, une simple tenue de travail sans fonction protectrice (polo aux couleurs de l'enseigne, veste de cuisine standard) n'en est pas un : c'est un vêtement professionnel, régi par d'autres règles.
Intérimaire, agence ou entreprise : qui fournit les EPI ?
C'est la question la plus posée par les intérimaires — et celle sur laquelle circulent le plus d'idées reçues. En intérim, la situation est particulière : votre employeur juridique est l'agence d'intérim (l'entreprise de travail temporaire, ou ETT), mais vous travaillez chez un client, l'entreprise utilisatrice.
La règle posée par le Code du travail est nette : ce sont les EPI de l'entreprise utilisatrice, c'est-à-dire ceux de l'entreprise où vous effectuez votre mission.
Les équipements de protection individuelle sont fournis par l'entreprise utilisatrice. Toutefois, certains équipements de protection individuelle personnalisés, définis par convention ou accord collectif de travail, peuvent être fournis par l'entreprise de travail temporaire. Les salariés temporaires ne doivent pas supporter la charge financière des équipements de protection individuelle.
Article L1251-23 du Code du travail
L'entreprise utilisatrice
- Fournit la majorité des EPI, c'est le principe posé par la loi.
- Reste responsable des conditions d'exécution du travail pendant toute la mission.
- Doit s'assurer que les EPI sont conformes et réellement portés, quel que soit leur fournisseur.
L'agence d'intérim (ETT)
- Peut fournir certains EPI personnalisés : c'est une possibilité, pas une obligation légale.
- En pratique, chaussures de sécurité et casque sont souvent remis par l'agence.
- Vérifie en amont que le poste proposé est correctement équipé.
Un point non négociable : quel que soit celui qui vous remet l'équipement, vous ne devez jamais payer un EPI, ni en avancer le prix, ni voir une retenue apparaître sur votre bulletin de paie. Le Code du travail l'écrit noir sur blanc : les salariés temporaires ne supportent pas la charge financière des EPI. Une caution demandée pour un équipement est également irrégulière.
Autre conséquence directe : le principe d'égalité de traitement s'applique aussi à la sécurité. Un intérimaire doit recevoir des équipements de qualité équivalente à ceux des salariés permanents occupant le même poste — pas les gants usés du fond du placard.
Les EPI doivent être mentionnés dans votre contrat de mission. Si vous découvrez l'intérim, notre guide pour devenir intérimaire détaille tout ce que doit contenir ce contrat.
Les 3 catégories d'EPI
Contrairement à une confusion fréquente, les catégories d'EPI ne sont pas définies par le Code du travail français mais par l'annexe I du règlement européen (UE) 2016/425, qui a remplacé l'ancienne directive de 1989. Le classement dépend non pas de l'objet lui-même, mais du risque contre lequel il protège : un même gant peut relever de la catégorie I ou de la catégorie III selon son usage.
| Catégorie | Niveau de risque | Exemples concrets | Certification |
|---|---|---|---|
| Catégorie I | Risques minimaux Blessures superficielles, liste limitative : petits chocs, contact avec des surfaces peu chaudes, produits d'entretien faibles, intempéries non extrêmes. | Gants de manutention légère, gants de jardinage, lunettes de soleil professionnelles, vêtements de pluie. | Auto-certification par le fabricant. |
| Catégorie II | Risques intermédiaires Définie par exclusion : tout ce qui n'entre ni en catégorie I ni en catégorie III. | Chaussures de sécurité, casque de chantier, gilet haute visibilité, lunettes contre les projections. | Examen UE de type par un organisme notifié. |
| Catégorie III | Risques graves ou mortels Conséquences très graves : décès ou dommages irréversibles pour la santé. | Harnais antichute, masques respiratoires, gants et tabliers en cotte de mailles, protections auditives, EPI contre le froid extrême. | Examen UE de type + contrôle continu de la production. |
Une évolution que beaucoup ignorent encore : depuis le règlement 2016/425, la protection contre le bruit nuisible est passée en catégorie III, au même titre que les coupures par scie à chaîne, les jets haute pression ou les agents biologiques dangereux. Un casque antibruit n'est donc plus un équipement « de confort » : il relève du niveau d'exigence le plus élevé.
Quels EPI selon votre métier ?
Les articles sur les EPI parlent presque toujours du BTP. Or les métiers de bouche, l'hôtellerie-restauration et la grande distribution concentrent eux aussi des risques importants — coupures profondes, travail en chambre froide, produits de nettoyage agressifs, manutention répétée. Voici les équipements attendus dans les secteurs où Good Intérim recrute au quotidien.
- Gant en cotte de mailles sur la main non directrice, avec ou sans manchette, contre les coupures et perforations au couteau à main NF EN 1082-1
- Tablier de protection en cotte de mailles ou à plaquettes inox, indispensable au désossage EN ISO 13998
- Gants adaptés aux couteaux électriques sur les postes de découpe mécanisée NF EN 14328
- Chaussures de sécurité antidérapantes : les sols humides sont la première cause de glissade en laboratoire
- Veste ou parka grand froid pour le travail prolongé en chambre froide
- Gants anti-chaleur pour la sortie des plats du four et la manipulation des bacs chauds
- Gants chimiques à manchettes longues en plonge et au nettoyage, adaptés au produit selon sa fiche de données de sécurité
- Chaussures de sécurité antidérapantes, obligatoires en cuisine professionnelle
- Gant anti-coupure sur les postes de découpe intensive ou d'utilisation de la trancheuse
- Chaussures de sécurité à coquille contre la chute de colis et l'écrasement par un transpalette
- Gants de manutention anti-coupure pour l'ouverture des cartons au cutter
- Gilet haute visibilité en zone de circulation d'engins, sur les quais et en réserve
- Tenue grand froid pour les missions en entrepôt frigorifique ou en rayon frais
Vous cherchez une mission dans l'un de ces métiers ? Découvrez notre guide complet du boucher en intérim et la fiche métier boucher.
Formation, entretien, remplacement : les obligations autour de l'EPI
Remettre un équipement ne suffit pas. Celui qui le fournit doit aussi vous former à son utilisation et s'assurer que vous savez le porter correctement — un harnais mal ajusté ou un masque mal positionné ne protège pas.
Les équipements de protection individuelle et les vêtements de travail sont fournis gratuitement par l'employeur qui assure leur bon fonctionnement et leur maintien dans un état hygiénique satisfaisant par les entretiens, réparations et remplacements nécessaires.
Article R4323-95 du Code du travail
Concrètement : un gant en cotte de mailles dont un maillon a cédé, une chaussure dont la semelle antidérapante est lisse ou un casque fissuré doivent être remplacés, pas réparés à la va-vite. Signalez-le sans attendre : c'est une obligation, pas une faveur.
Enfin, si vous êtes affecté à un poste présentant des risques particuliers, la loi impose une formation renforcée à la sécurité, spécifique aux intérimaires. Elle s'ajoute à l'accueil sécurité classique du premier jour, et doit vous être dispensée avant la prise de poste.
Danger sur votre poste : droit d'alerte et droit de retrait
Si vous estimez que votre situation de travail présente un danger grave et imminent — EPI absent, machine défectueuse, protection hors d'usage — vous disposez de deux droits distincts et cumulables. Prévenez à la fois votre responsable sur site et votre agence d'intérim.
Le travailleur alerte immédiatement l'employeur de toute situation de travail dont il a un motif raisonnable de penser qu'elle présente un danger grave et imminent pour sa vie ou sa santé ainsi que de toute défectuosité qu'il constate dans les systèmes de protection. Il peut se retirer d'une telle situation.
Article L4131-1 du Code du travail
L'employeur ne peut pas exiger la reprise de l'activité tant que le danger grave et imminent persiste. Ce droit de retrait, exercé de bonne foi, ne peut donner lieu ni à sanction ni à retenue sur salaire — et le fait d'être intérimaire ne le limite en rien.
Les 5 réflexes EPI de votre premier jour de mission
Un doute sur votre mission, un équipement manquant ou une situation qui vous semble à risque ? Contactez directement votre chargé de recrutement Good Intérim — c'est notre rôle d'intervenir auprès de l'entreprise utilisatrice, et cela ne vous portera aucun préjudice.






